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Duncan M Invité
| Sujet: Re: Le Hall Mer 19 Oct - 0:00 | |
| C’est en silence que Duncan avait suivi l’échange entre Gavin et Lain. Le contraste entre les deux hommes était frappant. C’était à sa manière de réagir à un affront qu’on distinguait un véritable gentleman d’un pastiche se targuant de respecter l’étiquette. Et à voir le teint violacé de l’héritier McFarlane et son ton sans cesse plus tonitruant, il n’y avait pas de doute quand à qui, de lui et Lain, dominait la situation. Mais ça, bien sûr, le précepteur était bien trop sage pour l’exprimer à voix haute. Il connaissait la susceptibilité du dandy pour l’avoir subi à plusieurs reprises et ne souhaitait pas particulièrement à y goûter de nouveau.
Lorsque, finalement, Gavin vint à lui, le jeune homme baissa les yeux et adopta la contenance première qu’il avait affichée à son arrivée au manoir. En réponse à l’affirmation de son ancien ‘bienfaiteur’, il se contenta d’acquiescer :
« Oui, Monsieur Gavin. »
Monsieur Gavin. Cette appellation enfantine en disait long sur la relation entre eux. Ce ‘monsieur’, d’abord, signe de politesse, de déférence ; puis ce ‘Gavin’, plus familier, plus… intime. C’était plus qu’une simple question de rang. L’usage du prénom le révélait.
À la remarque de Lain à propos de leurs ‘différents’, Duncan rougit et détourna la tête. Il ne s’était pas réellement attendu à ce que Gavin fasse preuve d’un minimum de retenue ou de tact, que leurs retrouvailles se soient déroulées en public ou non. Il ne pouvait pourtant s’empêcher d’éprouver de la honte à être rattaché à un personnage aussi détestable que l’était l’industriel.
« Nous devrions peut-être monter à ma chambre, Monsieur, fit-il, de sa voix veloutée. Je crois que ce serait un endroit plus approprié pour régler nos ‘différents’ en privé. »
Il avait consciemment évité de s’adresser à Lain pour ne diriger son attention que sur son interlocuteur. Sans ajouter un mot de plus, il fit l’ascension des escaliers pour retourner à sa chambre.
[Chambre de Duncan] |
|  | | Gavin Mc Invité
| Sujet: Re: Le Hall Mer 19 Oct - 0:37 | |
| « Oui, Monsieur Gavin. »
Ces paroles sonnèrent comme de la musique aux oreilles de Gavin dont l’orgueil avait fort souffert au cours des derniers temps. Il se sentait de nouveau à sa place, la place qu’il aurait toujours dû occuper : celle de supériorité. Malgré l’intense satisfaction qu’il ressentait, l’industriel n’accorda qu’un sourire entendu, condescendant à l’instituteur. Ignorant les autres individus présents dans le hall, il s’exclama vivement :
« Mais regarde-toi, où sont passés les vêtements que je t’avais fait envoyer? »
Il poussa un soupir exaspéré puis, son œil critique s’attarda sur le menton du précepteur. Il releva la tête du jeune homme en prenant son menton entre son pouce et son index et déclara sèchement :
« Et tu raseras cette barbe que je ne saurais voir. Je t’ai déjà dit que c’était tout sauf digne d’un gentleman. Je sais que, de par ta naissance, il est plus difficile pour toi de te conduire comme tel, mais fais au moins quelques efforts pour arranger ta mise. »
Gavin conclut ces derniers mots par un reniflement de mépris. Il hocha la tête à la proposition que lui fit Duncan. Il n’avait que faire de l’assemblée de boiteux, de morutier et de faux gentlemen. À présent qu’il avait retrouvé son protégé, ils pourraient tous deux retourner à Edinburgh et oublier le petit incident qui les avait momentanément séparés l’un de l’autre. Car il n’y avait aucun doute que Duncan le suivrait sans rien dire. Les choses auraient-elles pu être autrement? Il était Gavin McFarlane et ses désirs étaient des ordres. Point final.
[Chambre de Duncan] |
|  | | Owen Burnett Visiteur

Inscrit le : 21 Aoû 2005 Messages : 257
| Sujet: Re: Le Hall Jeu 20 Oct - 19:20 | |
| Owen eut très vite conscience d'avoir commis une gaffe. Ses yeux suivirent la sortie de la fillette avec une vague lueur de remords. Une fois de plus, ses gros sabots avaient froissé... Il aurait été difficile d'en être autrement si l'on considérait la manière dont son tuteur s'adressait à elle. C'était la première fois depuis longtemps que le marin se retrouvait face à un enfant aussi éloigné de ce qu'un enfant aurait dû être. Sur un bateau, il y avait des mousses qui ne devaient pas être bien plus âgés que Coleen, mais ô combien différents; vifs, délurés, espiègles, rebelles parfois... Vivants.
Le Capitaine se promit de réparer son manque de finesse. En attendant, le propriétaire l'invitait à gagner sa chambre, tandis que lui-même avait proposé à Van Freehscheft d'aller se soigner... et l'autre avait accepté. Entre deux eaux, Owen eut cependant le bon goût de se plier aux volontés du maître des lieux. La difficulté restante était de l'ordre de la prononciation.
"Monsieur... Van Freehscheft -c'est bien ça ?-, je suis réellement désolé de vous laisser ainsi, mais malgré tout je suis persuadé que l'on saura vous arranger ici."
Son scepticisme perçait très certainement, mais le fait de jouer ce rôle était déjà suffisamment ennuyeux pour qu'on lui demandât de simuler la sincérité en plus. Owen comptait beaucoup sur l'intelligence du jeune blessé pour que celui-ci comprenne qu'il ne le laissait pas de son plein gré en pareille posture. La parole était sacrée, mais l'obéissance tout autant.
"Avec un grand plaisir, monsieur Chattan. Je vous suis." annonça-t-il avec un bref signe de tête.
Ainsi le Capitaine résolut-il de tourner le dos à un blessé afin de suivre un aristocrate. Il emboîta un pas régulier à Lain Chattan. Peut-être aurait-il dû s'excuser pour sa malpolitesse ? Fatigué de se soucier ainsi chaque seconde du comportement à tenir, Owen s'y refusa et ses pupilles se durcirent. Décidément, cette maison ne lui amenait rien de bon. Pour sa psychologie du moins... Ce dandy puant, cette enfant blessée, ce blessé abandonné... Transgresser ses propres règles paraissait souvent bien plus éprouvant que de violer celles des autres.
[La Chambre d'Owen] _________________
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|  | | Balthus Invité
| Sujet: Re: Le Hall Dim 23 Oct - 16:15 | |
| Il était rassurant de constater que, même à cet endroit dans lequel Balthus voyait ses repères mis un à un à l'épreuve, les relations entre humains présentaient des points de connivence avec ce qu'il avait connu... à l'extérieur.
*L'extérieur...*
Oui, c'était exactement ça. Il y avait l'extérieur, d'où il venait, et l'intérieur, qui avait commencé dès qu'il avait passé le pont. Balthus sentit son pouls s'accélérer. Un instant, il crut que l'air allait lui manquer, puis la discipline qu'il avait cultivé durant ses années de clerc le ramenèrent brutalement à l'ordre. Il n'allait pas se laisser impressionner par les quelques étrangetés qu'il avait constaté ici. Pour le moment, il était l'hôte de ces gens, et, dès qu'il serait en état de repartir, il reviendrait à son logis, préparerait de quoi les dédommager avant de quitter l'Ecosse... Le pays n'était plus sûr pour lui.
*Tu pourrais aussi rester ici...*
Le garçon secoua la tête. Son mental commençait à le préoccuper sérieusement. Peut-être ces fadaises disparaîtraient-elles une fois que la jeune femme serait venu le soigner... Du moins, il n'y avait qu'à l'espérer. |
|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: Le Hall Dim 20 Nov - 1:36 | |
| [La Cuisine]
La fuite. Belig avait littéralement pris la fuite. Ses formes rondes heurtant les angles des meubles, ses boucles généreuses collées par la sueur à sa nuque. Il semblait que tout le long de sa course, elle avait psalmodié ou fredonné une comptine. Rien de bien distinct, si ce n’était cette impression de laisser un blanc, comme si elle attendait de 'quelqu'un' la reponse à chacun de ses propos.
A l’instant où elle posa la main sur la poignée de la porte qui s’ouvrait sur le hall, les poils de ses bras se hérissèrent comme des herbes folles secouées par les vents. Elle enfonça sa main disponible dans la poche de sa blouse pour y retrouver le petit couteau à lame tranchante, subtilisé alors que Dinah faisait littéralement son entrée en scène.
Elle lâcha la poignée et le couteau puis examina les paumes de ses mains. Elles étaient fermes et pleines de pulpe. Elle se mit à les caresser d’un doigt, l’une après l’autre. Non. Elle dessinait dessus.
Elle prit une profonde respiration puis replongea sa main dans sa blouse. La lame brilla, puis s’enfonça toujours plus profondément dans sa paume, suivant le dessin tracé quelques secondes plus tôt. Puis elle passa à l’autre. Des petits cris d’animal blessé s’échappèrent de ses lèvres rendues invisibles tant elles étaient crispées de douleur.
Quand elle eut fini, elle lâcha le couteau. Elle le suivit du regard atterrir dans un tintement discret sur une partie du sol non pourvue de l’un ces magnifiques tapis que le manoir comptait.
*Mêler nos sangs*
Elle rouvrit ses paumes, l’une après l’autre : un bouclier dans la gauche, une étoile à cinq branches dans la droite.
*Mêler nos sangs avant que l’hémorragie ne soit contenue*
Les mains cachées dans ses poches, elle poussa la porte avec l’angle de son coude. Elle plissa les yeux sous l’effet des rayons vifs du soleil innondant l'entrée.
Elle eut un petit rire. Elle s’approcha de la silhouette nimbée de lumière qui se tenait dos face à elle.
« Je suis là. », lui souffla-t-elle près de son oreille, respirant par là même l’odeur familière de sa peau. _________________
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|  | | Balthus Invité
| Sujet: Re: Le Hall Mar 29 Nov - 13:47 | |
| Balthus avait entendu le pas léger qui lui semblait déjà familier s'approcher. Il avait interrompu le flot tumultueux de ses pensées qui descendait les pentes de son esprit tel un torrent à la fonte des glaces. Le jeune garçon se retourna et émit un petit sourire. Il n'était pas particulièrement rassuré par la présence de Belig. Rien, à vrai dire, ne le rassurait dans cet endroit inconnu. Cependant, Belig était belle. C'était une créature de conte, fantasque et folle. Et cette simple image avait quelque chose de réconfortant. Il ne recula pas lorsqu'elle s'approcha de lui à le toucher. Si elle ne faisait pas partie de son monde, alors il n'avait rien à craindre. Et, de la même façon, les conventions habituelles ne s'appliquaient pas. Plus tard, sans doute, Balthus devrait chercher à aller plus loin, à comprendre véritablement qui était cette personne. Mais pour le moment, il se raccrochait à cette dernière et chère illusion comme un naufragé se raccroche à un bout du pont de son navire. La comparaison convenait parfaitement, sur plusieurs points d'ailleurs. L'endroit dans lequel il avait posé le pied lui était aussi inconnu que l'océan. Et comme sur l'élément liquide, il n'avait aucune prise sur le domaine. Aussi, la seule chose à faire, est de se retourner vers la fée qui se tient devant vous, de la contempler avec admiration et de chuchoter respectueusement :
"Merci." |
|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: Le Hall Ven 6 Jan - 21:01 | |
| La biche.
Les yeux, ses yeux. Ceux là mêmes que les fièvres avaient rendus douloureux et débordants d’humeur.
Belig écarta les mains dans ses poches afin de rouvrir les plaies, car déjà le flux s’était amoindri de façon considérable. La cicatrisation ne tarderait pas.
Elle s’accroupit devant Balthus, pris chacun des côtés du tissu qui entourait la blessure, déchira et appliqua immédiatement ses mains sur la blessure. Puis ne laissant que la droite sur la plaie, elle se mit à psalmodier tout bas afin que le jeune homme ne perçoive pas l’exactitude de ses propos.
« Cinq sur toi et cinq sur ton Œil », fit-elle dans un murmure.
Elle déplia les doigts de sa main gauche au fur et à mesure pour constater l’inévitable : plus une goutte de son sang ne s’épanchait du bouclier. Juste une boursouflure rose barrait sa paume.
*Oh, non.*
« MON sang sera TA vie », s’empressa-t-elle d’ajouter en resserrant ses doigts autour de la jambe de Balthus.
Puis elle lâcha vivement comme si elle venait de se brûler. Les veines de ses bras avaient pris un relief monstrueux sous l’effet de la pression. L’espace d’un instant, on aurait pu croire même que son être entier allait sortir de ces mêmes veines, tant Belig avait perdu toute animation. Même les mouvements de poitrine causés par la respiration disparurent. Belig à terre sur ses genoux entourée par l’étoffe de sa blouse, comme une poupée de chiffon laissée là par une enfant négligente. _________________
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|  | | Irvine Anderson Prêtre

Age : 51 Inscrit le : 02 Oct 2005 Messages : 66
| Sujet: Re: Le Hall Lun 16 Jan - 21:48 | |
| [Grandé Allée]
Le prêtre remonta calmement l'allée bordée de fleurs en direction de la grande porte de la splendide demeure. Ce n'était pas tous les jours qu'un homme avait l'occasion d'observer un tel endroit. Irvine observa certains détails d'architecture et se dit que cela vaudrait le coup de revenir de plein jour pour observer cette maison. Il s'avança sous le porche et attendit que la personne qui l'accompagnait arrive à son niveau. Il se saisit du marteau sur la porte et frappa trois coups, forts et secs. Il lui semblait entendre un peu de bruit de l'autre côté de la porte. L'attente n'allait certainement pas être longue.
* Maintenant, espérons avec la grâce de Dieu que les habitants de cette demeure aient un bon sens de l'hospitalité.*
Irvine attendait droit comme un I devant la porte les bras dans le dos, sa malette posée sur le sol. Sa silhouette longiligne se découpait dans le clair de lune. |
|  | | Logan Carragaheen Jardinier - Homme à tout faire

Inscrit le : 18 Aoû 2005 Messages : 40 : Personnage Supprimé
| Sujet: Re: Le Hall Mar 17 Jan - 15:25 | |
| [La Salle à Manger]
Logan pénètra dans le hall presque plongé dans les ténèbres, juste au moment ou la porte d'entrée résonnait des coups de marteau qu'on y portait. Afin de s'habituer à la pénombre, il plissa les yeux quelques secondes et hésita à se diriger vers la porte pour l'ouvrir, n'ayant reçu aucune consigne à ce sujet. Il fit un pas en avant, puis s'arrêta, se demandant s'il était dans ses prérogatives d'aller accueillir les gens sur le seuil... La chevelure rousse, délicatement bouclée, flamboyait sous les reflets des flammes des bougies allumées qui éclairaient chichement les lieux, contrastant par sa couleur avec le carrelage terne du sol. Le regard de Logan remonta le long des mèches rousses jusqu'au corps inerte de Belig qui gisait devant un jeune homme à l'air hébété.
Sa voix inquiète résonna puissamment dans le hall alors qu'il se précipitait vers la jeune femme inerte. D'un ton péremptoire il s'adressa au jeune inconnu :
"Mais que se passe t'il, ici ? Qu'avez vous fait à cette femme ! Madame... Madame !"
Déjà à genoux, ses grandes mains se portaient sur le corps fragile de celle qui l'avait reçu dans cette maison, le sauvant de la famine... Presque sans effort, Logan souleva du sol avec une incroyable délicatesse la frèle, la 'presque' Sainte' Belig. Presque paniqué et cherchant du regard un endroit plus confortable pour y déposer sa relique, quelque canapé ou autre support plus adapté que le carrelage du hall, Logan s'adressa de nouveau au jeune homme, presque avec violence :
"Allez vous me répondre ?" _________________ "Do you really think that grass is always greener on the other side ?" |
|  | | Jane Gre Invité
| Sujet: Re: Le Hall Jeu 19 Jan - 14:57 | |
| [La Grande Allée]
Jane marcha quelques pas derrière le prêtre dont elle ne savait toujours pas le nom. Simple précaution ou peut-être politesse. Elle n'allait pas l'encombrer de sa présence. Aussi flâna-t-elle d'un bord à l'autre de l'allée, humant le parfum nocturne des fleurs, les contemplant, posant délicament ses doigts sur les pétales doux comme de la soie. Elle tâchait d'oublier la maison, elle tâchait de tout oublier, elle voulait se fondre dans le paysage et disparaître. Elle devait se fermer, sinon elle aurait trop mal, elle aurait trop peur.
*Je t'en prie...je t'en prie prends ma place...Ne me laisse pas seule...*
Les traits de Jane se durcirent et elle se redressa fièrement prenant une pose digne. Elle épousseta sa robe et rajusta son châle. Elle regarda le prêtre frapper à la porte et gravit la volée de marches qui la séparait de l'homme de Dieu et se plaça derrière lui presque craintivement, comme si elle se cachait derrière sa grande carrure, comme s'il n'était plus un père mais son père.
Derrière la porte elle percevait un infime brouhaha, elle se demanda combien de personnes étaient réunies, combien de personnes elle allait bien pouvoir déranger. Elle jugea très inconvenant d'arriver ainsi, troubler un dîner et fut presque tentée de repartir lorsque la voix étouffée et furieuse d'un homme résonna derrière ce qui la séparait de l'intérieur de la maison. "Madame...madame...Allez-vous me répondre..." furent les seules paroles qu'elle saisit. Elle frappa quelques coups à la porte subitement inquiète. Que se passait-il ? Il fallait faire quelque chose. Elle implora le prêtre du regard, maintenant placée à ses côtés, tentant de se rassurer par l'aura divine qui devait se dégager de lui. Se fermer. Il fallait qu'elle se ferme. Mais son expression de crainte mêlée d'inquiétude de la quittait pas et elle tremblait. Ce n'était pas de froid cette fois-ci. |
|  | | Balthus Invité
| Sujet: Re: Le Hall Lun 23 Jan - 9:19 | |
| Il y eut un court instant pendant lequel la peur disparut. La douleur aussi. Et ce grand gouffre d'inconnu qui béait devant Balthus depuis plusieurs heures, menaçant de l'engouffrer. Il n'y avait plus rien, rien qu'une lumière aux teintes ambrées qui le baignait glorieusement, qui lui disait de ne plus avoir peur, car tout cela n'était qu'un mauvais rêve. La preuve. Sa blessure ne le faisait plus souffrir. Oui, maintenant tout se passerait bien, où qu'il se trouve, il allait...
Puis un homme à l'air brutal décida d'éteindre la lumière.
Balthus resta un moment figé, les yeux papillotant, incapable de répondre. Sa langue semblait avoir oublié l'usage de la parole, ou plutôt semblait réticente à employer quelque chose d'aussi grossier que des mots. L'instant qui s'était écoulé était sacré. Il ne fallait pas le gâcher. Et pourtant... Pourtant il allait falloir. Belig reposait à présent inanimée, mais le jeune homme n'en n'éprouva pas le moindre affolement. Ils étaient trois, semblait-il, à attendre des explications. Pourquoi se montraient-ils incapable de comprendre ? Mais peut-être aurait-il lui-même agit de la même façon, quelques heures plus tôt. Aussi se contenta-t-il de sourire d'un air doux.
"Elle va bien, ne vous inquiétez pas. Tout se passera bien. Il faut seulement qu'elle se repose avant le dîner."
En même temps qu'il prononçait ces mots, une partie de son esprit, la partie qui lui avait sauvé la vie cette terrible nuit fit résonner dans son esprit une sarabande infernale. Il fallait qu'il se ressaisisse. Comme il finissait toujours par le faire. Mais Balthus ne pouvait se détacher de ce qu'il venait de ressentir. La disparition éphémère de cette douleur que tout être humain ressentait. Pendant quelques secondes, il avait été infiniment plus.
Dernière édition par le Lun 23 Jan - 21:02, édité 1 fois |
|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: Le Hall Lun 23 Jan - 18:17 | |
| Dehors, le vent secouait les arbres depuis quelques instants déjà, et le jardin avait l’allure d’une salle de théâtre après une représentation avec ses centaines de feuilles éparses, tels des programmes laissés à l’abandon par les spectateurs.
« Ils » étaient là. Entendaient-ils eux aussi à ce moment, comme Belig, le souffle du vent décidé à enfoncer la porte de l’entrée ? Voyaient-ils que la fenêtre du hall avait cédé et que le vent s’engouffrait dans le manoir ? Percevaient-ils les cris effrayés de la jeune femme qui venait d’entrer dans le hall ? La tempête ayant avalé jusqu’à la dernière flamme des bougies, n’étaient-ils pas eux aussi plongés dans l’obscurité ?
Belig ouvrit les yeux. Le hall était paisible, rien n’avait bougé, rien ne s’était passé comme « en » elle. Belig ayant la tête baissée, ses cheveux indomptables recouvraient la totalité de son visage. Dessous, il semblait que sa figure se recomposait. Ses traits se retendaient. Son corps n’était plus exsangue. Une multitude de bruits semblables à ceux qu’on entend lorsqu’on découpe la carcasse d’un poulet faisaient crépiter le squelette de Belig. La machine se relançait, c’était fini.
Lorsque Belig releva la tête, elle fut secouée d’un spasme puis une toux violente s’empara d’elle. Elle colla sa main contre son menton et forma une coupelle avec. Quand la quinte prit fin, elle inspecta de sa langue tous les recoins de sa bouche.
*Amen*, se dit-elle en crachant l’une de ses molaires dans sa main.
Refusant d’un léger signe de contestation l’aide de Logan, elle se leva doucement comme si elle avait été longtemps alitée. Elle recroquevilla ses pieds nus sous l’effet du froid du sol et sautilla presque pour ouvrir la porte. « Ils » étaient deux, dont un homme d’Eglise. Toute sa matière n’étant pas encore revenue et ne sachant encore que penser d’’eux’, Belig s’abstint de leur adresser la parole. Elle jeta son regard par-dessus l’épaule de la jeune femme, pour constater que le jardin n’avait pas subi l’indiscipline d’un vent trop fort.
« J’ai faim, viens » fit-elle à l’adresse de Balthus.
S’avançant vers le corridor menant à la salle à manger, elle stoppa net lorsqu’elle s’aperçut que celui-ci était plongé dans le noir.
« Oh », fit-elle dans un mouvement de recul.
« Mr Carragaheen, veuillez rallumer le chandelier du corridor, il semblerait que je l’ai éteint par ‘mégarde’ », demanda t elle à Logan en saisissant Balthus par le bras. _________________

Dernière édition par le Mer 15 Fév - 23:30, édité 2 fois |
|  | | Irvine Anderson Prêtre

Age : 51 Inscrit le : 02 Oct 2005 Messages : 66
| Sujet: Re: Le Hall Sam 28 Jan - 13:22 | |
| Le prêtre attendait devant la porte quand il entendit des bruits suspects provenant de l'intérieur. Avant qu'il ait le temps de faire quoi que ce soit, la personne qui l'accompagnait était déjà allée frapper de nouveau. Elle semblait effrayée et elle le regardait toute tremblante attendant visiblement une réaction.
" N'ayez crainte, je suis avec vous et la lumière de notre Seigneur nous protège. "
La curiosoté du prêtre allait en grandissant. Ses premiers doutes quant à ce voyage commençait à se dissiper. Il avait répondu à la jeune femme d'un ton ni rassurant ni inquiétant. son attention était un peu ailleurs. Finalement, il fixa la jeune femme et lui dit dans un sourire.
" Restez avec moi, tout ira bien."
A cet instant, une femme ouvrit la porte. Irvine qui se trouvait toujours devant la porte, droit comme un i, put la fixer attentivement et il la scruta d'un regard inquisiteur. Avant qu'il ait le temps de dire quoi que se soit, elle se retourna et elle partit en direction d'un sombre corridor. Il put remarquer que cette personne était pieds nus, chose assez étrange au vu de la température. Il remarqua aussi deux autres personnes dans le hall. Mais personne ne l'ayant invité à entrer, il resta sur le pas de la porte et d'une voix claire et forte il demanda à qui pourrait l'entendre.
" Pourrais-je voir le maître de cette demeure, je vous prie ?"
Il attendit d'avoir une réponse sans esquisser le moindre mouvement. Cependant, sa curiosité était maintenant en éveil et il espérait vraiment pouvoir rester un peu pour en apprendre plus sur ce lieu. |
|  | | Logan Carragaheen Jardinier - Homme à tout faire

Inscrit le : 18 Aoû 2005 Messages : 40 : Personnage Supprimé
| Sujet: Re: Le Hall Lun 30 Jan - 12:16 | |
| Enfin, le jeune homme avait daigné lui répondre... Elle va bien... C'est tout ce qu'il avait su dire, espérant sans doute que ces paroles suffiraient à calmer Logan dont les battements cardiaques cognaient fortement dans sa poitrine, expulsant avec force le sang vers les artères de ses muscles tendus. Une fraction de seconde, Logan manqua de se jeter sur le jeune homme pour le rouer de coups, pour lui faire avouer ce qu'il avait fait ou plutôt ce qu'il n'avait pas fait pour laisser la rousse Belig dans cet état. Si on n'avait pas frappé de nouveau à la porte, Logan aurait probablement cédé à sa pulsion violente mais les coups du marteau résonnèrent de nouveau dans le hall et Logan porta son regard de prédateur en colère vers les grands panneaux de bois décorés de la porte, modifiant son expression, passant de la colère à l'étonnement et l'indécision. Devait il ouvrir cette porte ? La quinte de toux de la jeune femme détourna son attention. Le visage paisible retrouvait ses couleurs presque instantanément. Les grands yeux le dévisageaient, sans même une lueur de surprise. Une moue discrète apparut sur sa figure, suffisament expressive pour faire reculer Logan. Déjà, elle s'était relevée et la plante de ses pieds nus claquait sur le carrelage. Elle ouvrit la porte.
Logan avait vu la dent qu'elle avait recrachée dans sa main... Il ouvrit la bouche, hésitant à lui demander une explication mais la présence du prêtre, de la jeune femme sur le seuil de la porte et l'attitude de Bellig qui s'adressa au jeune homme, comme si rien ne s'était passé, pour lui annoncer qu'elle avait faim, lui cloua le bec.
Et maintenant, voilà qu'elle donnait le bras à cet énergumène échevelé.... pour qu'il l'accompagne jusqu'à la salle à manger...
"Euh... Le chandelier ? Le rallumer ? Euh... Oui, bien sûr, Madame !"
Logan jeta un dernier regard, presque hagard, au prêtre qui semblait figé sur le seuil et dont la haute silhouette lui dissimulait la jeune femme qui se trouvait derrière lui. Il s'avança dans le couloir sombre, fouillant dans sa poche afin d'y trouver les allumettes nécessaires. Avec une déxtérité remarquable, ses gros doigts frottèrent la tête de l'allumette sur le grattoir. Cette dernière s'enflamma en crépitant et en dégageant un léger nuage à l'odeur de soufre. Précautionneusement, Logan approcha la flamme vascillante de la mèche d'une des bougies du chandelier. Comme mûe par une personnalité propre, la flammèche bondit au sommet de la grosse chandelle où elle se mit à grandir et à grossir diffusant une clarté de plus en plus puissante qui repoussa les ténèbres du corridor.
Logan souffla sur le petit morceau de bois noirci, soufflant la flamme qui menaçait désormais de lui ronger les doigts.
"Voilà, Madame..."
*Etes vous sûre que tout ira bien ?*
"Que dois je faire pour ces gens qui... attendent dehors, Madame ?" _________________ "Do you really think that grass is always greener on the other side ?" |
|  | | Per MacC Invité
| Sujet: Re: Le Hall Jeu 16 Fév - 18:34 | |
| [le jardin]
Toujours à son rythme pépère de scientifique en milieu nouveau, Per arriva à quelques mètres de la porte, plus ou moins conscient que la maison se dressait quasiment devant son nez. Ses yeux myopes parcouraient ses notes d'un air chiffonné, craignant d'avoir oublié de noter quelque chose d'important. Il avait la fugace mais désagrable impression d'avoir ommis quelque d'important. C'est bien cela, quelque chose clochait dans l'état de croissance des plantes. Leur floraison, peut être. Il vérifia ses notes, compulsa le dictionnaire encylopédique mal classé qui lui tenait lieu de mémoire, mais ne put trouver ce qui clochait. Etrange. Il prit alors conscience que des gens étaient à l'intérieur et il saisit la rumeur des voix. Per soupira et rangea son carnet en songeant que les conversations humaines étaient bien grossières comparées aux murmures du vent et des Beaux Etres sous les pierres. Il avait espéré secrètement que la demeure ne soit pas habitée, qu'il puisse l'étudier en toute liberté; mais aprés tout les résidents accepteraient peut être de l'héberger et et le renseigner le temps de son "enquête"... Le jeune homme s'avança discrètement et tenta d'apercevoir ceux qui se trouvaient à l'intérieur, mais ses yeux avaient sérieusement besoin d'une bonne paire de lunettes. |
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