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La Grande Allée

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Loch Lurgainn House
Hors du Temps



Inscrit le : 26 Juin 2005
Messages : 219
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MessageSujet: La Grande Allée   Ven 8 Juil - 19:40

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Balthus
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Mer 10 Aoû - 8:19

[Le Pont Couvert]

L'affolement de Balthus avait laissé la place à la sérénité alors qu'il avançait vers le manoir. Succédant aux miasmes du pont couvert, c'était à présent un air léger et parfumé qui emplissait ses poumons sous un soleil radieux. Il n'avait pas remarqué, tout absorbé dans sa fuite, à quel point il faisait beau.
La bâtisse qui s'élevait devant lui était proprement superbe, comparable au domaine de ses parents. Etrange que ses "amis" n'aient jamais mentionné cet endroit dans leurs nombreuses conversations. Ils n'étaient jamais en reste lorsqu'il s'agissait d'évoquer la fortune des gens de la région.
Le jardin semblait désert. Les employés devaient vaquer à leurs tâches dans d'autres parties du terrain qui semblait particulièrement étendu.
C'est en laissant courir son regard sur les massifs de fleurs impeccablement arrangés que Balthus se rendit compte qu'il ne savait absolument pas comment se présenter auprès des propriétaires de l'endroit. Comment allait-il tourner son histoire ? La vérité était exclue d'emblée.
Avisant un banc de bois à quelques pas de là, le garçon se dirigea vers celui-ci en boitillant puis s'assit, tentant de réfléchir à une explication valable. Les yeux fermés, il laissa la brise lui caresser le visage.
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Gavin Mc
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Mer 10 Aoû - 22:07

[Pont Couvert]

Gavin n'accorda qu'un regard purement analytique à l'univers dans lequel il était plongé. Il était à la recherche de Duncan, comme à celle d'un indice sur la teneur de l'endroit, un fil conducteur qui le mènerait à découvrir pourquoi ce manoir s'était métamorphosé devant lui.

Une fois dans le jardin, il arracha d'un geste sec une fleur qui avait le malheur de tomber sous sa main, pour ensuite la glisser dans la poche de son complet. Elle contenait peut-être les mêmes propriétés magiques que le manoir. Revenu à Londres, il la ferait analyser par des chercheurs qui y trouveraient peut-être des vertus miraculeuses. Un remède au cancer, peut-être? Quelque chose qui le rendrait riche, surtout.

Alors qu'il croyait qu'il ne rencontrerait personne, Gavin aperçut un jeune homme assis sur un banc. Il le prit d'abord pour Duncan, mais la couleur de sa chevelure et son absence de barbe le détrompèrent. Il marcha quand même tout droit vers lui pour l'apostropher avec son tact et sa délicatesse habituels:


« Eh, vous, là-bas, assis sur le banc. Auriez-vous vu un jeune homme d'à peu près votre âge, il porte la barbe et a les cheveux bruns? »

Puis, sa curiosité concernant le manoir reprenant le dessus, il s'enquit:

« Et êtes-vous le propriétaire de cette demeure? Ou bien travaillez-vous ici? »

Il n'était nullement gêné par ses questions qui auraient pu paraître déplacées et indiscrètes. Gavin se croyait tout permis et, d'après ses connaissances approfondies du Who's Who britannique, ce jeune homme n'était ni de la noblesse, ni de la bourgeoisie, il n'y avait donc aucun mal à se conduire ainsi.
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Balthus
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Jeu 11 Aoû - 8:48

Des pas résonnaient sur le gravier. Balthus rouvrit les yeux pour voir une silhouette s'avancer vers lui d'un pas décidé. Il se leva péniblement, conscient du piètre spectacle qu'il devait offrir, et tenta rapidement de défriper sa veste. L'inconnu bien au contraire était vêtu de façon irréprochable. Pouvait-il s'agir du maître des lieux ? Il avança de quelques pas à sa rencontre, et lui adressa un léger signe de tête.

"Bonjour monsieur" fit le garçon, adoptant d'instinct le ton qu'il prenait en présence d'un client. "Je suis désolé, mais je viens d'arriver ici, et vous êtes la première personne que je rencontre."

C'est en levant les yeux vers le regard alangui de l'inconnu que Balthus sentit les éléments chaotiques qu'il avait tenté d'organiser se mettre en place. Il reprit d'une voix posée :

"Mon nom est Balthus van Freehscheft. Je voyageais à travers les landes pour rendre visite à un parent éloigné qui habite dans la région quand je me suis fait agresser par une bande de malfaiteurs. Ils m'ont volé ma monture et j'ai bien failli y rester en tentant de m'enfuir. Mes pas m'ont mené ici... Peut-être pourriez-vous justement me dire quel est cet... ici ?"
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Gavin Mc
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Ven 12 Aoû - 22:16

Gavin poussa un soupir exaspéré en apprenant que le jeune homme n'était rien d'autre qu'un idiot qui n'avait absolument aucun renseignement utile à lui apporter. De plus, il était dans un piètre état, sa tenue était en désordre, de quoi faire froncer les sourcils du dandy qu'était le jeune McFarlane. S'il avait au moins dû recevoir une éducation décente (il s'exprimait intelligiblement), il était parfaitement clair qu'il ne faisait pas partie de la classe supérieure de la société, rien pour susciter la sympathie de Gavin.

L'industriel écouta ensuite le récit de ce Van Freehscheft, une expression sceptique affichée sur son visage. Si le brigandage était fréquent dans des régions aussi reculées de la civlisation, jamais Gavin n'avait-il eu vent qu'une bande de malfrats opérait dans les environs. Pourtant, ce genre d'informations circulait rapidement et on aurait cru bon l'en avertir, lui, l'étranger riche et cible de choix pour n'importe quel voleur. C'était pour le moins étrange.

Un nouveau soupir s'échappa des lèvres de Gavin avant qu'il ne condescende à répondre:


« Je me vois dans la même situation que vous, Monsieur van Freehscheft. »

Il ne fit aucune attention à sa prononciation assez approximative du nom de famille du jeune homme et poursuivit, d'un ton ennuyé:

« J'étais en visite dans la région et, tout comme vous, mes pas m'ont mené jusqu'à ce manoir qui semble défier toute loi de la logique. »

Il jeta un coup d'oeil sombre sur la bâtisse qui les dominait.

« La question vous paraîtra peut-être incongrue, dans ce cas, je n'en suis pas désolé, car je sais très bien ce que j'ai vu. Avant de passer le pont, cette demeure était apparemment en ruines et inhabitée. Lorsque j'ai passé ce fameux pont, elle était devenue parfaitement entretenue. Le même phénomène se serait-il produit avec vous? »

Gavin n'avait que faire de l'avis du jeune homme. S'il lui répondait qu'il était victime d'hallucinations, l'héritier McFarlane aurait gardé son nom en mémoire et lui ferait payer l'outrage plus tard. Dans le contraire, s'il acquiesçait, il aurait au moins le mérite d'être du même avis que Gavin McFarlane. C'était une chance qu'on lui accordait.
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Balthus
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Sam 13 Aoû - 9:37

L'état d'épuisement physique et moral dans lequel Balthus se trouvait ne l'empêcha pas de remarquer que l'attitude qu'affichait l'inconnu à son endroit était assez déplaisante. Le garçon en avait si souvent vu, de ces hommes d'affaires pressés, passer la porte de son étude, accordant à peine un regard à l'outil qu'il représentait. En d'autres circonstances, il se serait senti blessé. Mais la situation ne s'accordait pas avec des crises d'amour propre mal placées. Aussi se contenta-t-il d'écouter attentivement ce que l'homme avait à dire. Une fois que celui-ci eu terminé, Balthus leva à son tour les yeux sur le manoir. Les briques portaient certes, diverses traces de mousses, mais quel bâtiment de cette facture, même bien entretenu, n'en n'avait pas ? Pour le reste, l'endroit était parfaitement entretenu, à commencer par le jardin dans lequel les deux visiteurs évoluaient. Balthus cligna plusieurs fois des paupières, choisissant ses mots avec prudence, afin de ne pas froisser son interlocuteur.

"Je dois vous avouer ma perplexité, monsieur. Il m'avait aussi semblé voir, de loin, un bâtiment en ruines. Cependant j'étais en fuite et j'avais cru à une illusion provoquée par la peur et la fatigue. Maintenant, j'avoue que votre histoire est des plus troublantes. Vous avez raison, nous devrions nous mettre en quête du propriétaire des lieux ou du moins du personnel."

Caresser l'homme dans le sens du poil. Balthus ne tenait pas particulièrement à se faire des ennemis dans cet abri provisoire. Ce qui ne l'empêchait pas de trouver cette histoire assez rocambolesque. Les superstitions étaient légions par ici. Mais elles étaient la plupart du temps dûes à des reliefs de terrain un peu évocateurs, des phénomènes météorologiques ou de simples rumeurs. Ce qui se passait ici ne devait pas être bien différent. Peut-être le brouillard avait-il trompé leurs sens.
Balthus remarqua avec un certain malaise qu'il n'y avait pour l'instant aucun brouillard. Ca ne prouvait rien. Il avait très bien pu se dissiper. Sûrement. Affectant un sourire détaché, Balthus braqua ses yeux sombres sur Mac Farlane.
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Coleen Chattan-Warington
Héritière



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MessageSujet: Re: La Grande Allée   Mar 16 Aoû - 12:50

[Roseraie - Allée]

Coleen marchait lentement aux côtés de Belig le long de l'allée reliant la roseraie au jardin. Ses pensées étaient désormais bien loin des Voyages de Gulliver et elle ne cessait de retourner dans sa tête des hypothèses et autres suppositions sur la présence de Duncan et les conséquences qui allaient en découler.

Coleen était également contrariée par l'attitude de Belig. Elle semblait triste même si elle ne voulait pas le lui montrer. Coleen le sentait pourtant, et cela avait une relation avec l'arrivée de l'étranger.


"Est-ce que tout va bien, Belig ?" demanda-t-elle doucement.

Peut-être cela avait-il à voir avec les rougeurs de Belig face à l'homme. Peut-être était-elle gênée, voire honteuse par rapport à son frère.

Sa réflexion s'arrêta brutalement tout comme ses pas mesurés sur le chemin. Là-bas, à quelques pas seulement, près d'un banc, deux hommes discutaient. Deux hommes qu'elles n'avaient encore jamais vus. Deux étrangers, comme Duncan. Si Coleen pensait pouvoir gérer l'arrivée d'un étranger chez elle, trois était assurément plus dur. N'arrivant pas à cacher son malaise dans l'immédiat, Coleen chercha la main de la jeune femme pour la serrer tout en murmurant.


"Belig..."

Trois grains de sable dans l'engrenage si parfait de sa vie.
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Gavin Mc
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Mer 17 Aoû - 15:40

Gavin hocha la tête d'un air entendu, plutôt satisfait de la réponse que lui avait donné ce Balthus van Freehscheft. Pas qu'il accorda une quelconque importance à l'avis d'un roturier débraillé, plutôt qu'il aimait qu'on conforte sa pensée. Les gens allaient invariablement dans son sens, qu'ils soient d'accord ou non avec son opinion. C'était une sage décision. Même la plus basse populace arrivait à comprendre le langage de l'argent: une montre à gousset fort bien travaillée, un complet impeccable, des souliers polis, un air digne. C'était la marque de l'homme à qui on devait révérence. Gavin McFarlane, en l'occurence.

'' Au Diable la peur et la fatigue, Monsieur van Freehscheft. Ne me croyez pas atteint par la ridicule superstition qui sévit dans les environs. Je ne suis pas l'un de ces rustres sans éducation qui continuent à croire à ces histoires de fantôme sans aucun sens. Je suis un homme de sciences, moi, Monsieur. J'ai vu ce que j'ai vu et, au risque de passer pour hors de mes esprits, ce que je ne suis absolument pas, je maintiendrai mes paroles jusqu'à ce qu'on fasse lumière sur le mystère de cet endroit. ''

Il s'apprêtait à sommer le jeune homme de se mettre sur pied pour qu'ils puissent partir ensemble à la recherche des propriétaires des lieux, lorsqu'une fillette accompagnée d'une fort belle jeune femme firent leur apparition. Gavin occulta de son esprit la présence de l'enfant. Il n'avait jamais les enfants à l'exception de deux heureux élus: lui-même et Duncan. C'était bien assez ainsi. Les enfants étaient capricieux, source d'innombrables problèmes, sans penser aux dépenses qu'ils suscitaient. On devait dilapider de telles fortunes pour de si petits êtres. C'était effarant.

Son attention se porta donc immédiatement sur la compagne de la petite fille, qu'il détailla de son oeil critique et jugea apte à être regardée sans afficher une expression dégoûtée. Délaissant van Freehscheft, l'industriel s'approcha de l'objet de son intérêt et l'interpella avec un peu plus de politesse qu'il ne l'avait fait avec Balthus:


'' Madame... ''

Il allait poursuivre quand il se rappela la présence additionnelle de la fillette à qui il présenta également le bonjour:

'' Mademoiselle... Mon nom est Gavin McFarlane et voici Monsieur van Freehscheft. ''

De nouveau, la prononciation laissait légèrement à désirer, mais de nouveau, Gavin n'en eut cure.

'' Sauriez-vous, par le plus grand des hasards, nous mener jusqu'au propriétaire de ce manoir? Nous souhaiterions nous entretenir avec lui. ''

Il n'y avait aucun doute dans son esprit que l'endroit appartenu à un propriétaire et non à un quelconque homologue féminin.
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Belig Chattan
Résidente



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MessageSujet: Re: La Grande Allée   Mer 17 Aoû - 23:50

Coleen paraissait préoccupée. Belig se sentait responsable de l’assombrissement soudain de l’adolescente. Il était souvent difficile à la jeune femme de repartir aux interrogations de Coleen tant elles soulevaient de questions dont l’apport de réponses était exclu.

" Fly you east,
Or fly you west,
Fly to him
That loves me best. … "
entonna-t-elle comme preuve de son insouciance quant aux événements. Belig se mit à siffler- à siffler faux – en ouvrant grand les yeux, relevant ses sourcils en fils de cuivre. Puis elle commença à balancer sa tête à la manière d’un métronome, invitant ainsi Coleen à la suivre en chanson.

Puis elle releva la tête vers un pommier situé en bordure de l’allée, bien décidée à aller cueillir la collation promise. Une corneille trouait déjà de son bec l’un des fruits. Elle retourna sa tête piquée de plumes noires bleutées et lança un regard complice à Belig. Alors que la jeune femme commençait à retrousser sa blouse pour recueillir les meilleures pommes pour sa jeune compagne, une odeur de sang fit enfler ses narines. Elle sentit la main de Coleen chercher la sienne entre les plis d’étoffe. Lorsque la jeune fille la nomma, l’émeraude de ses yeux se ternit tout à coup. Une légère brise fit tourbillonner quelques feuilles et brindilles. De plus en plus rapidement. Belig fit un pas et l’amalgame végétal tomba en tas à ses pieds. Deux hommes s’avançaient vers elles. Un amidonné et un froissé. Le premier, les traits bouffis d’orgueil et de suffisance, l’apostropha.

Belig n’aimait guère le ton de son interlocuteur et la manière dont il dévisageait avec dégoût Coleen. Mentir. Et alors ? Elle décida de « donner du galon » à la jeune héritière et poussant Coleen au devant de l’homme, elle lui dit dans un sourire satisfait :

« Mais sa présence vous honore déjà, Monsieur », fit-elle en baissant les yeux sur sa protégée.

Un croassement se fit entendre et la corneille piqua vers Gavin, assénant au passage un coup de bec sur le crâne du précieux ridicule. Le second passage fut des plus remarquables. Plop. Produit fini des meilleures pommes de l’arbre de Belig, une fiente macula grassement la veste de Gavin.

Belig réprima un gloussement et par une main sur l’épaule de Coleen, invita sa jeune amie à faire de même. La maîtrise de ses émotions distinguait les meilleures jeunes filles du Monde des « autres ». Lain aurait été satisfait de sa sœur. Enfin… presque.
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Balthus
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Jeu 18 Aoû - 9:07

Balthus ne put que hocher la tête lorsque Gavin exprima son intention de "résoudre le mystère" des lieux. Il lui rappelait vaguement l'un des notaires de son étude. Refus de tout doute. On pouvait ne pas apprécier cette attitude, mais le jeune homme savait parfaitement que c'était toujours vers ce genre de personne que l'on se tournerait en cas de problèmes. Il ne lui était donc pas vraiment possible d'éprouver de l'antipathie à son égard. Cependant, il aurait voulu l'enjoindre à la prudence. L'avertissement qu'il avait reçu sur le pont était encore frais dans sa mémoire, et s'ils voulaient pénétrer dans le manoir, il faudrait le faire avec beaucoup de prudence.

Balthus en était là de ses réflexions lorsque deux silhouettes apparurent à sur le chemin. Apparurent, le mot était bien choisi. Il y avait plusieurs mois, Balthus était allé admirer, dans une galerie d'art, les oeuvres d'un peintre anglais dont il n'avait pas pensé à prendre le nom. Celui-ci avait entre autre exécuté une "promenade des fées", un jardin peuplé, de créatures éthérées qui se déplaçaient main dans la main. Le tableau avait suscité peu d'autres réactions qu'un sourire attendri de la part du public. Balthus, pour sa part, était resté en admiration plusieurs minutes devant la peinture. Aussi naïve fut-elle, elle avait soulevé en lui une vague d'émotion et de nostalgie quant aux choix qu'il avait fait dans sa vie.
Et voilà qu'à présent, une nymphe échappée de ce portrait et une fillette aux yeux graves se présentaient à lui et à son compagnon. Gavin ne perdit d'ailleurs pas de temps et fit les présentations à sa place. Direct, comme toujours.
Batlhus tourna la tête lorsque la corneille passa, l'effleurant de ses ailes noires. Une odeur à la fois forte et douce lui monta aux narines. Il se rappella Sharon, qui l'avait vu s'éloigner, entraîné par ses "amis", la veille. Sharon, blessée d'un peu partout mais belle, si belle.
Balthus secoua la tête pour chasser ces pensées peu appropriées et reporta son attention sur la réalité. Visiblement l'oiseau n'appréciait pas son compagnon. Tentant de son mieux de réprimer un sourire, le garçon s'avança vers ses hôtesses. Autant se présenter lui-même, cela laisserait le temps à Gavin de reprendre contenance. Puis, se rappelant son apparence peu engageante, il se ravisa et se contenta d'une légère inflexion du buste, la main droit tendue. Il ne tenait pas à effrayer (effrayer ? Ou provoquer ?) la femme-fée et l'enfant.


"Pardonnez-nous de vous envahir, mademoiselle, madame" fit-il de son anglais rendu un peu plus rauque et heurté par la fatigue, "mais nous nous sommes retrouvés ici pour différentes raisons. Il n'était pas dans notre intention de nous introduire ici sans en avoir reçu l'invitation."

Il s'interrompit un instant, laissant à leurs mystérieuses hôtesses le loisir de répondre.

(Le tour de post pour ce sujet est : Balthus, Coleen, Gavin, Belig)
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Coleen Chattan-Warington
Héritière



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MessageSujet: Re: La Grande Allée   Ven 19 Aoû - 0:29

Du moment où Belig avait lâché les pommes pour se tourner vers les étrangers, Coleen avait fermé les yeux, occultant ses iris d'un violet pur par ses paupières pâles. Elle faisait ceci lorsqu'elle voulait reprendre contenance ou simplement se calmer. A ce moment là, elle voulait que son malaise se dissipe et elle rouvrit les yeux pour poser son regard à nouveau froid et indifférent sur l'homme bien vêtu qui s'avançait vers elles.

A la seconde même, Coleen sentit le dédain que l'homme lui portait mais son expression de visage resta de glace, écoutant sa présentation puis sa requête sans dire un mot. Elle savait d'avance que Belig n'apprécierait guère les manières de cet homme et attendit presque avec impatience sa réponse. Elle n'en fut d'ailleurs pas déçue. La corneille posa la cerise sur le gâteau, si l'ont peut dire cela ainsi mais Coleen garda son air totalement indifférent à la situation, exécutant ainsi le souhait de Belig qu'elle avait comprit par la pression de sa main sur son épaule. Ses yeux se posèrent ensuite sur le deuxième homme, un peu moins bien mis que le premier. Elle l'écouta se présenter et s'excuser de leur présence. Vêtements mis à part, cette personne semblait plus civilisée que la première.

Posant à nouveau son regard améthyste sur Gavin ainsi décoré par une disctinction de la nature, elle fit un pas en avant pour se planter devant lui et le fixer calmement.


"Ne pensez-vous pas, Monsieur McFarlane, qu'il serait plus judicieux de s'occuper de la santé de cette personne avant de vous entretenir avec moi ?" dit-elle d'un ton bas mais parfaitement audible en désignant la jambre blessée de Balthus.

"Savoir reconnaître les priorités est le premier signe d'un comportement intelligent." finit-elle avant de se tourner vers Belig lui demandant d'un regard de l'aider à transporter le jeune homme blessé au manoir.
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Gavin Mc
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Sam 20 Aoû - 16:54

Gavin baissa les yeux sur l’enfant d’un air sceptique. Cette gamine, propriétaire du manoir? C’était tout simplement impensable. Ce devait être une plaisanterie de mauvais goût. Déterminé à faire cesser cette mascarade, il ouvrit la bouche pour parler lorsqu’un énorme volatile fondit sur lui pour lui administrer un coup de bec sur le sommet de son illustre boîte crânienne. L’industriel poussa un cri de rage et agita sa canne en l’air, dans le but de toucher l’oiseau, quand le comble de l’horreur se produisit. Les yeux de Gavin s’écarquillèrent lorsqu’il les posa sur la tache dégoûtante qui venait de se former sur son complet neuf. Cette fois, ce ne fut plus qu’une simple exclamation mais bien un rugissement de colère qui s’échappa de sa gorge. L’homme s’empourpra et fendit l’air de sa canne. Il eut beau faire des pieds et des mains, rien n’y fit. L’oiseau de malheur s’était envolé, non sans avoir laissé une trace indélébile de son passage sur ses coûteux vêtements.

Le souffle court après un tel exercice, Gavin pesta entre ses dents avant de jeter un regard circulaire sur ses interlocuteurs. Ils semblaient ne pas avoir assisté à la scène, ou du moins, l’ignorer superbement. Tant mieux. Ses sourcils joints sur son front plissé, il s’évertua à nettoyer la souillure du mieux qu’il le put à l’aide de son mouchoir de poche, mais c’était inutile. Le veston était perdu à jamais. Jurant pour la deuxième fois la mâchoire serrée, l’héritier McFarlane reporta son attention sur la discussion en cours, bien qu’elle eut grandement perdu de son intérêt après le tragique événement.

Van Freehscheft avait présenté un semblant d’excuses aux deux femmes. Fort bien, fort bien. Et à présent, que voulait la petite à le dévisager ainsi? Gavin l’écouta d’une oreille distraite, toujours préoccupé par son complet qu’il ne lâchait pas des yeux. Il daigna enfin la regarder pour dire :


« Vous apprendrez d’abord, jeune demoiselle, que dévisager les gens est impolis, peu importe qui l’on est ou ce que l’on possède, » en faisant directement référence aux avoirs de la fillette.

Il jeta ensuite un regard à la jambe de Van Freehscheft. Il devait admettre qu’elle méritait qu’on s’en occupe.

« Bien, rendons-nous au manoir alors, si notre intelligente et observatrice jeune fille nous l’ordonne, » fit Gavin, d'un ton sarcastique.

[Hall]
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Belig Chattan
Résidente



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MessageSujet: Re: La Grande Allée   Sam 20 Aoû - 22:30

Alors que le jeune homme, aussi chiffonné que courtois, s’approchait pour se présenter, l’odeur de sang se fit de plus en plus forte, arrachant des perles de sueur à Belig. Troublée, elle ne releva pas l’accent à couper au couteau de son interlocuteur. Elle détacha deux boutons du col de sa blouse, laissant ainsi, sans complexe, apparaître la naissance de ses seins blancs parsemés de tâches de rousseur. Des auréoles de beurre sur du lait chaud.

Alors que Coleen réprimandait vertement Mc Farlane, Belig s’enfuit dans ses souvenirs.


*J’ai neuf ans. Je suis assise dans le creux d’un tronc. La mousse légère chatouille la peau de ma nuque. La terre mouillée exhale mes senteurs favorites. Mes narines palpitent jusqu’à ce qu’elles capturent la dernière note acide d’un bourgeon. Quand tout à coup la terre tremble tant qu’elle me semble prête à s’ouvrir sous moi. Le son des galops s’approche. Des chiens couinent joyeusement. Les chevaux… les chevaux… ils sont dans ma tête, ils font presque éclater ma cervelle. Et là je la sens. Sa chair abîmée qui palpite et son cœur prêt à s’arracher tant la peur l’habite. Une enclume tombe dans mon estomac. Du rouge… du rouge, sa patte en sang. Ses yeux en amande troubles, son pelage feu souillé. Mais déjà ils arrivent. Un cri s’étouffe dans ma gorge. Je saisis quelques bouts de bois sec. Ils arrivent, ils arrivent. Une étincelle. Ils arrivent. Ca brûle. Ils approchent. Nous sommes face à face. Ca brûle, ça brûle et je danse au milieu du cercle de feu. Les chevaux s’affolent, les hommes sont désarçonnés, les chiens ne veulent plus être le meilleur ami de l’homme, complices de « ça », et sont déjà loin. La forêt retrouve son calme, débarrassée de ses intrus. Seul un crépitement persiste. Je crache dessus et les flammes disparaissent. Nous voilà seules. A la moindre occasion, je m’échappe de l’étude pour la soigner. Je me brûle les poignets du feu qui purifie afin d’apaiser ses fièvres*

Belig releva ses manches. Deux cicatrices rosées.

*Je psalmodie allongée sur l’étoile à cinq branches. Et je la serre contre moi. Ses yeux troubles…*

Belig fixa le regard de Balthus.

*… ne me voient déjà plus*

Belig posa le dos de sa main sur ses lèvres devenues pâles à la vue de la blessure du jeune homme.

*Serait-ce possible… Seigneur, Tu me donnes une seconde chance !*

Elle posa une main sur sa joue.

*Ma biche*

Belig se reprit au devant de l’urgence et répondit au regard de Coleen par un hochement de tête. Puis se saisissant de la canne de Mc Farlane et en la tendant à Balthus pour lui fournir un ersatz de jambe, elle déclara :

« Quant à votre système de valeurs, Mr Mc Farlane je me permets d’en faire un feu de joie et de danser autour »

Et tout bas sur le ton de la confidence, elle ajouta à l'adresse de Balthus:

"Tu ne mourras pas cette fois."

Belig laissa Coleen ouvrir la marche jusqu’au manoir.


[Hall]
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Balthus
Invité




MessageSujet: Re: La Grande Allée   Dim 21 Aoû - 9:04

Balthus se sentit perdre un peu plus pied avec la réalité lorsque les deux femmes portèrent toute son attention sur sa jambe blessée. Le comportement le plus attendu, dans ce pays et dans ce milieu, eut été de continuer la conversation en ignorant un détail aussi trivial que celui du corps. Bien au contraire, on semblait ici en faire un sujet central de préoccupations. Le garçon jeta un coup d'oeil à Gavin que cette situation paraissait interloquer tout autant que lui. Rien d'étonnant à cela. L'homme n'étaient pas de ceux qui se laissaient conduire. Et, sans aucun doute, la petite fille était de celles qui conduisait.
Que l'enfant se trouve, à son âge, en possession d'une telle propriété était inhabituel mais pas extraordinaire. Il avait connu, dans son étude, des précédents bien plus étranges. Cependant, la jeune fille ne se comportait pas comme les petits héritiers qu'il avait déjà vu, souvent inconscients de l'énormité de ce qu'ils avaient en main. Non. Elle agissait déjà comme une maîtresse de maison responsable, qui gère au mieux une situation imprévue.
Tout absorbé dans la contemplation de l'échange entre les deux antagonistes, Balthus se sentit un peu saisi lorsque la femme arracha la canne à son propriétaire pour la lui tendre. Il eut cependant un regard plein de gratitude à son égard et un léger signe en direction de Gavin qui venait de se faire priver de son appui.


"Tu ne mourras pas cette fois."

Balthus sentit son corps se raidir tandis qu'un éclair courait le long de sa colonne vertébrale. Il avait failli mourir, oui. Mais comment cette femme était-elle au courant ?

*Sharon...*

C'était absurde, cette nymphe aérienne n'était pas Sharon, à la beauté rugueuse et terrestre. Et pourtant... pourtant cette façon de bouger les mains n'était pas totalement différente.
Ca ne menait à rien. Pour le moment, mieux valait accepter l'aide qui lui était offerte. Si ses hôtes acceptaient de répondre à ses questions, ce serait plus tard. Sa démarche rendu beaucoup plus aisée par sa canne, il suivit les trois personnes, hochant profondément la tête à l'adresse de Belig lorsque leurs regards se croisèrent.


[Hall]
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Coleen Chattan-Warington
Héritière



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MessageSujet: Re: La Grande Allée   Dim 21 Aoû - 20:42

Coleen ne fit aucune remarque à la remontrance de Gavin sur son regard insistant, comme si elle n'avait pas entendu ce qu'il venait de dire. Elle ne releva pas non plus son ton sarcastique, cet homme ne méritait pas qu'elle s'intéresse à lui, tout simplement.

Elle apprécia tout de même de voir que la canne fut offerte à qui en avait le plus besoin et que Belig donne à Gavin le fond de sa pensée.

Voyant que tout le monde était prêt, Coleen ouvrit la marche et se dirigea vers le manoir, d'un pas décidé et comme à son habitude.. sans un mot.


[Hall]
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La Grande Allée

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