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Loch Lurgainn House Hors du Temps

Inscrit le : 26 Juin 2005 Messages : 219 : Admin
| Sujet: L'Allée Ven 8 Juil - 18:13 | |
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|  | | Coleen Chattan-Warington Héritière

Age : 26 Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 305 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 0:58 | |
| [Le pavillon]
Marchant d'un pas lent et calme, Coleen avançait dans l'allée aux côtés de Lain, le dos droit et le regard fixé devant elle.
Elle n'aimait guère parler plus que nécessaire, cela était un fait établi et tout le monde de son entourage le savait très bien. Mais comment faire autrement lorsqu'une personne que l'on respecte vous demande votre avis sur un livre qu'il vous a donné à étudier ?
Tout en marchant, Coleen exposa sa critique d'une voix claire mais d'un ton égal sans vraiment d'émotion, comme si ce qu'elle disait était un fait et qu'elle n'y prenait pas une position clairement définie.
" 'Voyages de Gulliver' peut se lire comme une œuvre codée dans laquelle un processus de mise à distance, facilité par l’appartenance du livre au genre du récit de voyages, permet de dénoncer à mots couverts la société anglaise ainsi que de critiquer la nature humaine tout entière. On verra néanmoins que cette dimension satirique est plus un effet du texte lui-même que le fruit d’une stratégie de dissimulation : l’indignation, la colère, voire le mépris ou le dégoût sont autant de tonalités ordonnées par un texte dans lequel les dialogues jouent un rôle essentiel."
Ayant fini de parler, Coleen s'arrêta devant un banc et s'y assit lentement, les genoux serrés et les mains posées dessus. _________________
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|  | | Lain Chattan Résident

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 129 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 1:38 | |
| [Le Pavillon]
Marchant d'un pas lent, les mains croisées dans le dos, Lain écouta distraitement le commentaire bien trop préparé que lui servit la jeune fille. Il effleura du doigt une rose thé juste éclose au parfum à la fois suave et à peine poivré, semblant se désintéresser tout à fait du but de la promenade.
Il baissa enfin les yeux sur la petite silhouette assise sagement et détailla le visage volontaire et facilement boudeur de l'enfant. A vouloir toujours bien faire, elle en faisait souvent trop. Il regrettait qu'elle ne se laisse pas plus aller aux émotions qu'il savait l'agiter, mais cette partie là était réservée à Belig ; Il avait pour sa part accepté tacitement de se concentrer sur son éducation et s'y employait de bonne grâce, même s'il savait faire preuve d'une sévérité quelques fois pesante.
S'écartant du rosier, il prit place à son tour sur le banc de bois, jambes croisées. Il resta un moment silencieux, puis renversa la tête en arrière, auréolé de sa chevelure aux mèches lumineuses.
"Trés impressionnant Coleen, vraiment. Cependant.. Est-ce ceci que je vous ai demandé ? Qu'en est-il de vos sentiments, de vos impressions ? Qu'avez vous éprouvé à la lecture de ce roman ? Vous a-t-il amusée ? Avez vous révé en partageant les aventures rocambolesques de Gulliver ? Je veux savoir ce que vous, petite Coleen, vous avez éprouvé, le reste ne m'importe pas." _________________
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|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 3:19 | |
| [Premier Post]
Alors que ses doigts graciles s’affairaient dans le fouillis d’un rosier buisson, Belig entendit quelques notes rompre le silence.
La voix d’une Coleen boudeuse répartissait à celle d’un Lain plus que pressant. Belig alors accroupie, replia sa blouse à fleurs sur les roses qu’elle venait de cueillir et en une demie seconde passa de la flexion à l’extension. Une fois debout, Belig libéra l’une de ses mains et d’un geste vif poussa ses cheveux, telle une mini tornade chassant un nuage orange. Puis elle retroussa à nouveau sa blouse jusqu’au niveau de ses genoux, laissant apparaître ainsi ses jambes laiteuses au léger duvet feu et ses pieds nus et entreprit de rejoindre le duo.
Le vent léger poussait les fragrances subtiles des roses vers Belig, accompagnant son chemin de mille délices parfumés : sa bouche s’étira dans un sourire carmin. _________________
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|  | | Coleen Chattan-Warington Héritière

Age : 26 Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 305 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 13:30 | |
| Coleen regardait devant elle, laissant Lain s'asseoir à ses côtés. Son silence voulait tout dire. Elle le connaissait bien et savait d'avance que sa réponse impartiale ne lui conviendrait pas.
C'est donc un soupir de la jeune fille qui ponctua les paroles de Lain. S'il y avait bien une chose qui l'exaspérait, c'est qu'on lui demande d'expliquer ses sentiments. Mais Lain savait que Coleen ne lui manquerait jamais de respect, à se demander même s'il n'en profitait pas un peu.
C'est donc sans lever les yeux du bosquet de roses qui se trouvait en face qu'elle répondit succintement.
"La lecture de ce livre a été... agréable." Voilà donc la seule impression que le livre lui avait procuré, montrant une nouvelle fois son indifférence à ce qui l'entoure.
C'est à ce moment là que Belig apparut dans l'allée, coupant ainsi la "leçon" moralisatrice qu'allait probablement lui donner Lain. Coleen se mit debout et regarda Belig s'avancer vers elle, une étincelle de joie brillant dans le regard violet si froid de la jeune fille.
Un léger sourire vint étirer le coin de ses lèvres, repensant au ruban qui attachait ses propres cheveux comparé à la magnifique chevelure bouclée de la jeune femme libérée dans la brise légère. _________________
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|  | | Lain Chattan Résident

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 129 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 18:50 | |
| Lain soupira et ferma les yeux. Comment était-il possible qu'une si jeune enfant ne sembla jamais touchée par ce qui l'entourait. La distance qu'elle avait établie entre la réalité et son monde intérieur etait-il vraiment tellement infranchissable que lui-même, pourtant tellement sensitif, n'arrivait pas à en trouver les clefs ?
Seule Belig reussissait à briser la vitre. Il n'eut pas à tourner le regard pour savoir que la jeune femme s'avançait. Coleen s'animait à son approche, comme une sage poupée prenant vie sous l'effet d'un sort. Il eut un regret comme toujours de ne pouvoir atteindre l'enfant par la littérature ou la poésie, qui lui avaient toujours été un précieux refuge. Mais il ne renoncerait pas, et l'interruption était momentannée.
"Bien, je crois que l'heure est à d'autres leçons à présent. Belig s'il te plait, ne remets pas en cause les principes que j'essaye d'inculquer à l'enfant en lui permettant d'aller cheveux aux vents et pieds nus comme une sauvageonne.."
Il se leva et fit enfin face à sa soeur.
".. et je te prie.."
Il posa le bout de son index au milieu du front de la jeune femme qu'il tapota, un sourire plissant ses yeux.
" .. de cesser de rire, je t'entends."
Il allait continuer quand il se figea. Le visage tendu et les yeux rétrécis, il se tourna lentement dans la direction de la rivière. Ses lèvres s'entrouvrirent tandis qu'il humait un parfum que nul autre ne pouvait sentir. Brusquement, il saisit Coleen par le bras et la levant du banc la poussa dans les bras de Belig.
"Un étranger" furent les seuls mots qui franchirent ses machoires soudain crispées. _________________
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|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 22:05 | |
| Belig plissa les yeux pour faire le point au loin, comme si elle eût été affligée tout à coup d’une myopie subite. Les roses, serrées contre ses cuisses dans leur lit d’étoffe, piquaient légèrement sa peau. Belig n’avança pas moins d’un pas alerte, quasi sautillant.
Arrivant à la hauteur de Lain et de la jeune fille, elle ourla la lippe et une moue boudeuse apparut sur le visage de Belig. Elle considéra la frêle mais déterminée silhouette de Coleen, puis elle stoppa net devant elle, entraînant dans son mouvement mille pétales soyeux.
Elle prit les roses fraîchement cueillies au creux de ses bras comme l’on eût porté un enfant et sa blouse fleurie se déplia jusqu’au sol. Le vêtement qui aurait pu faire passer n’importe quelle femme ordinaire pour une vulgaire tringle ornée de son rideau, donnait un air de pureté bienfaisante à Belig.
« Seigneur ! Lain a mis autant de sérieux dans le fond que dans la forme encore une fois … » s’exclama Belig en se penchant sur le ruban de Coleen. Elle garda les yeux mis clos l’espace d’un instant, le temps de respirer la peau de l’adolescente au doux parfum de lait et de baisers.
Se relevant vivement, elle ajouta face à Lain : « Nous arrangerons ceci en tant voulu »
Puis elle prit une rose de son bouquet et répondit au tapotement de doigt de son frère par une caresse à fleur de pétale sur la joue de celui-ci. Quand tout à coup le visage de Lain changea d’expression. Quelques herbes folles se mirent à frémir aux pieds de Belig. _________________
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|  | | Coleen Chattan-Warington Héritière

Age : 26 Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 305 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Sam 6 Aoû - 22:39 | |
| Coleen entendit le soupir de Lain. Encore une fois sa réponse ne lui avait pas plu, mais elle savait qu'il y était habitué.
Le reproche de Lain à sa soeur sur sa tenue l'amusa. Elle aurait presque pu prononcer ces paroles à sa place tellement il lui avait dit de nombreuses fois. Elle aimait aussi la façon dont Belig lui répondait, avec désinvolture et légèreté.
Mais le changement d'attitude subit de Lain lui fit froncer les sourcils. Il était inquiet, c'était plutôt rare... du moins autant qu'elle sache. Coleen fut poussée dans les bras de Belig, ce qui la surprit sur le moment mais elle ne dit rien.
Puis Lain donna enfin l'explication de son attitude, en deux mots. Coleen échangea un regard avec Belig puis reposa son regard violet brillant en direction de la rivière.
"Un étranger ?" demanda-t-elle dans un murmure à Belig. "Pourquoi cela semble-t-il l'inquiéter autant..?" _________________
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|  | | Lain Chattan Résident

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 129 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Dim 7 Aoû - 1:02 | |
| Lain s'éloigna de quelques pas dans l'allée puis se tourna à nouveau vers ses compagnes.
"Je ne suis pas inquiet, Coleen. Mais nous sommes occupés et je n'aime pas à être dérangé par une visite importune. Personne n'aime cela.. N'est-ce pas Belig ?"
Le ton de sa voix était calme comme à son habitude mais ses yeux translucides semblaient de glace. On sentait chaque cellule de son corps tendue, chaque fibre toute entière tournée vers la rivière dont on devinait par intermitence, au rythme doux du balancement des arbres, le scintillement par delà les jardins.
"Mais reprenez vos occupations.. "
Il eut un sourire un peu forcé.
".. je vais aller accueillir ce visiteur et le raccompagner comme il se doit."
Son regard chercha une approbation dans les yeux vert sombre de sa soeur. _________________
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|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: L'Allée Dim 7 Aoû - 2:38 | |
| Belig ne dit mot. Sa seule réponse tint dans une pression de main sur l’épaule de Coleen.
Puis elle virevolta sur elle-même, se retrouvant face à Coleen et déposa un doux baiser sur ses cheveux. Elle posa son bouquet sur le banc, fit un peigne avec sa main et la glissa dans la soie de la chevelure de Coleen. Se faisant, le ruban tomba. Lorsque Belig se baissa pour le ramasser, elle pu observer une colonie de fourmis s’affairer, presque démentes.
Elle se remit droite, et pour contre balancer le regard inquiet de la jeune fille, elle déploya sa bouche lippue en un sourire serein. Elle pencha la tête, satisfaite de l’air de madone que les cheveux libres de Coleen lui donnaient. Néanmoins, elle recula d’un pas, fit tournoyer son doigt dans l’air à la recherche de ce qui pouvait parachever son « œuvre ». Elle plongea sa main dans les roses déposées sur le banc, en tira une blanche délicatement ourlée de rose et l’accrocha dans les cheveux de Coleen, telle une embrase retenant un rideau afin que puisse entrer le jour.
« Parfait », s’auto congratula Belig.
Puis, regardant Lain elle ajouta dans un froncement de sourcils :
« Juste comme il convient pour accueillir notre visiteur », saisissant son frère par le poignet, caressant de son pouce le dos de la main de Lain. _________________
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|  | | Duncan M Invité
| Sujet: Re: L'Allée Dim 7 Aoû - 6:04 | |
| [Le Jadrin - Vers la Roseraie]
À demi dissimulé par le portail fleuri, Duncan observait les trois individus avec curiosité. Une belle jeune femme d'abord à la chevelure flamboyante, dont les yeux verts exprimaient une indicible tristesse. Elle semblait à la fois noble et sauvage, une prêtresse des temps anciens, de celles et ceux qui officiaient autrefois dans les immenses cercles de pierres debout au milieu de la lande. Il l'observa avec fascination alors qu'elle cueillait une fleur qu'elle alla ficher dans les cheveux ébène d'une fillette à l'aspect sévère. Tout chez elle paraissait irréprochable, mais également, inatteignable. Il était difficile de deviner les pensées que renfermait ce visage pâle au regard aigu.
Pour achever ce tableau intemporel, tout comme ce manoir qui semblait leur appartenir, un homme, qui devait avoir l'âge de Duncan. Tous trois dégageaient un aura de mystère, mais lui semblaient plutôt inoffensifs, à l'exception de cet homme qui lui inspirait une vague impression de menace, cette même sensation qui l'avait pris lorsqu'il avait aperçu la maison métamorphosée pour la première fois. Aussi insaisissable que les deux femmes, il semblait être le gardien de l'endroit. Le précepteur arriverait-il à échapper à sa vigilance?
Duncan fit un pas de côté pour rendre sa présence visible aux trois personnes présentes, bien qu'il sentit que ce fut inutile comme ils paraissaient avoir été prévenus de son arrivée par il-ne-savait quel artifice. Il les dévisagea en silence, attendant que l'un d'eux lui adresse la parole. |
|  | | Coleen Chattan-Warington Héritière

Age : 26 Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 305 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Dim 7 Aoû - 10:30 | |
| Coleen plissa ses paupières pâles sur ses yeux violets au sourire forcé de Lain. "Je n'aime pas quand Lain me cache des choses, Belig..." souffla-t-elle sans détacher son regard de la direction. Pour sa part, un visiteur ne la dérangeait pas le moins du monde à condition qu'il se mêle de ses affaires.
Son regard se posa sur Belig lorsqu'elle se mit face à elle. Elle ferma un instant les yeux à son baiser sur ses cheveux. La jeune femme sentait bon le parfum des roses. Elle la laissa arranger ses cheveux, éternel sujet de contradiction entre le frère et la soeur. Lorsqu'elle posa une rose entre ses mèches corbeau, Coleen ne put retenir un sourire. "Merci Belig."
C'est à ce moment là que le visiteur sortit de sa cachette. Coleen tourna les yeux vers lui, le détaillant discrètement pendant quelques secondes. Il était rare de voir de nouvelles têtes.
Puis soudain, Coleen s'avança, laissant Belig près du banc et marcha dans l'allée, dépassant aussi Lain pour s'approcher du visiteur. S'arrêtant à quelques pas de lui elle le regarda, plongeant fixement son regard violet dans celui de l'homme, sans ciller et sans rien dire. Visiblement, elle n'allait pas faire le premier pas, c'était lui qui été arrivé, c'était à lui de se présenter à de dire ce qu'il faisait ici. _________________
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|  | | Lain Chattan Résident

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 129 : Admin
| Sujet: Re: L'Allée Dim 7 Aoû - 19:08 | |
| La pression de la main de Belig sur son poignet, son regard aux sourcils froncés, Lain détourna les yeux du visage désapprobateur et fixa un point sur l'horizon. Il n'avait rien de plus en horreur que d'entrer en contradiction avec sa soeur. Et l'enfant qui s'éloignait déjà en direction de l'étranger qui s'avançait vers eux. Le jeune homme eut un haut le coeur et réprima le mouvement instinctif de rattraper Coleen par le dos de son vêtement.
Un vertige indéfinissable brouillait ses pensées, crainte insensée que la présence de l'inconnu ne soit que le début de quelque chose d'infiniment pire. Lentement, il porta la main à son front, cherchant à calmer son esprit et réfreiner les images qui y affluaient en désordre, kaleidoscope à vomir qui tournait comme un carrousel emballé. Sa voix plus basse qu'à l'habitude trahit son malaise, quand il lutta pour se reprendre.
"Et bien chère soeur, puisqu'il te semble que désormais tous soient bienvenus ici, je te laisserai le soin de l'acceuil, comme il revient à la maitresse de maison que tu es."
Le coeur au bord des lèvres il fit deux pas en arrière. Alors seulement son regard se posa sur l'homme qui était sorti de l'abri de la haie et les observait sans mot dire. Un air doux, apparence d'un secret jalousement préservé, une odeur familière lui rappelant les rayonnages de la bibliothèque, poussière et colle, papier, encre et cuirs anciens. Autre chose aussi qui lui fit plisser les yeux, le manège à nouveau relancé. _________________
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|  | | Belig Chattan Résidente

Inscrit le : 28 Juin 2005 Messages : 82 : Modo
| Sujet: Re: L'Allée Dim 7 Aoû - 22:42 | |
| « Oui … », murmura Belig, levant les yeux vers son frère. Elle frôla de la pulpe de ses doigts le creux de la main de Lain, lui intimant ainsi le désir qu’il l’accompagne pour quelques pas de plus. Le squelette et la chair, le rigide et le moelleux, Lain et Belig s’avançaient à pas lents, lorsque cette dernière accéléra légèrement la cadence, laissant son frère à l’arrière.
Arrivée à la hauteur de Coleen, Belig posa le tranchant de l’une de ses mains sur son front pour en faire une visière. Elle aperçut un jeune homme d’aspect volontaire. A mesure que Belig avançait d’un pas léger, de telle sorte qu’on eût cru à une lévitation divine, les traits du visiteur se superposaient peu à peu, reconstituant son visage.
Les yeux de l’homme brillaient d’intelligence et sa barbe sombre lui donnait un aspect animal, fort plaisant aux yeux de Belig. L’émotion ne se fit pas attendre et la jeune femme sentit ses joues s’empourprer. Elle tourna la tête vivement vers son frère à quelques pas d’elle et saisit avec sa main une mèche de sa chevelure, comme on aurait isolé une brindille d’un buisson en feu. Elle la coinça entre ses lèvres pensant ainsi cacher la joue rouge visible aux yeux de Lain.
*Il n’y a que toi que j’aime, Lain. Pour toujours …*
Puis, elle retourna son visage de porcelaine vers le visiteur, et comme pour justifier son érythème naissant, elle ajouta tout haut à l’adresse de l’étranger :
« Quel magnifique soleil, vous ne trouvez pas ? »
S’apercevant soudain du ridicule de sa remarque d’adolescente, ses poumons se gonflèrent pour laisser jaillir son rire frais, comme on aurait attendu une eau après une longue traversée du désert.
Belig resplendissait tant que le soleil aurait pu se coucher sans que la nuit ne tombe _________________
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|  | | Duncan M Invité
| Sujet: Re: L'Allée Mer 10 Aoû - 4:55 | |
| Duncan affronta le regard de la fillette, acceptant sans protester l’étude sous laquelle il était soumis. Il se savait à l’abri, peu importe la fouille qu’on pouvait lui imposer. La jeune fille ne trouverait que sa propre réflexion dans ces prunelles sombres semblable à la surface opaque d’un loch, où on ne risque tremper ses pieds, ne sachant les créatures qui s’y baignent déjà. Tout comme lui, elle semblait bien décidée à ne pas être la première à briser le silence. Restait à savoir qui des deux s’entêterait le plus longtemps.
Le précepteur remarqua la manière dont l’autre homme avait été troublé par sa venue. Qu’avait-il à cacher dans cet endroit étonnant pour que l’apparition d’un étranger l’affecte à ce point? Ces yeux limpides n’inspiraient aucune sympathie chez Duncan, qu’un sentiment de menace. Ils pourraient le percer à jour si on leur en donnait le temps. Le regard d’onyx rencontra celui d’émeraude un instant, croisant le fer avec cet adversaire qu’il savait d’ores de taille. Pourtant, son expression demeura parfaitement composée. Rien dans son visage n’indiqua l’animosité qu’il sentait monter en lui à l’égard de cet étranger à qui il avait déjà déclaré la guerre. Tous les séparaient, ils étaient comme le jour et la nuit ; l’un, lumineux et diaphane ; l’autre, sombre et ténébreux ; deux voiles différents pour couvrir de mêmes secrets.
Duncan retint inconsciemment son souffle comme la jeune femme se rapprochait de lui. Elle lui faisait autant d’impression que lui-même semblait en produire chez elle, à en juger par la délicate teinte de rouge qui s’était répandue dans ses joues. S’il avait développé une certaine indifférence face à l’émoi qu’il causait chez les demoiselles, il était loin d’être déplu par la réaction qu’il ait pu tirer de la belle inconnue. Elle était céleste, aérienne ; un ange descendu du Ciel ; incomparable à toutes celles qu’il eut pu rencontrer jusqu’ici.
Le charme fut brisé lorsqu’elle tourna la tête vers le jeune homme à la chevelure pâle, suscitant l’envie de l’instituteur. Elle se retourna ensuite vers lui et commenta la clémence du temps avant d’éclater d’un rire pur et cristallin, qui seyait bien à son charme éthéré. Elle rayonnait, encore plus que tout à l’heure, si c’était même concevable.
Les lèvres de Duncan s'étirèrent d'abord dans un sourire avant qu'il ne succombe lui aussi à l'hilarité contagieuse de la jeune femme. Après tout, il y avait de quoi rire: Duncan se tenait dans la roseraie d'un manoir qui s'était transformé sous ses yeux ébahis et une mystérieuse étrangère tout droit sortie des contes et légendes de son enfance l'entretenait de la pluie et du beau temps. La situation était décidément du plus haut comique. Son rire était doux et discret, comme le reste de sa personne. La plupart n’avait aucune suspicion quant aux bonnes intentions de ce joli gentleman, ainsi, jamais on ne portait attention à cette note discordante qui tintait en sourdine dans ce rire agréable. Était-elle moqueuse? Méprisante? Pourquoi toujours cette même impression que Duncan riait sous cape, comme si dans sa manche se cachait une carte qu’il n’avait pas encore mise sur table?
Son rire finit par mourir dans sa gorge. Il se décida à parler, sa voix veloutée s’élevant dans l’air frais.
« Oui, superbe, en vérité, Miss. »
Il fit un pas vers l'avant et se présenta, s'inclinant légèrement se faisant:
« Je me nomme Duncan McKinnon, précepteur de mon état. Pardonnez ma soudaine intrusion dans votre domaine, fit-il, d'un ton contrit. Je n'avais aucune intention de vous importuner. À vrai dire, je... »
Sa main alla caresser sa barbe d'un air embarrassé. Comment formuler poliment que le manoir était brusquement passé de la décrépitude à un aspect comme neuf, qu'il n'avait pu revenir sur ses pas et que c'était pour cela qu'il se retrouvait devant l'étrange assemblée qu'ils formaient tous trois? Ne le savaient-ils pas déjà? Aucune des règles d'éthique qu'il eut appris ne s'appliquait aux évènements présents. Quoi faire? Que dire? L'incertitude lui avait été inconnue jusqu'à son arrivée ici. Vivement son départ. Malheureusement, quelque chose lui disait que celui-ci n'arriverait pas de sitôt. |
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